Rechercher

Un retournement incroyable de situation!


Le Ministère de l'Environnement, Sécurité des Barrages, propose de catégoriser le barrage du Lac Beaulne en barrage « faible contenance »!
Ceci est un retournement historique dans la saga qui dure depuis dix ans au lac Beaulne. Jamais nous n'aurions cru qu'il fut possible de passer en « faible contenance » mais voilà que l'avenir se dessine autrement, presque par magie.

Cette nouvelle classification a d'énormes avantages
pour la gestion de ce barrage.

D'une part, pour les résidents qui paieront moins pour les études et suivis subséquentes qu'avec un barrage à forte contenance, mais surtout pour la Municipalité qui se retrouve avec un risque sécuritaire et une responsabilité de moins sur les épaules. Les barrages à forte contenance, en effet, sont soumis à l'application de l'article 56 de la Loi sur la Sécurité des Barrages. Les exigences sont alors bien plus contraignantes, avec des inspections coûteuses à tous les 5 ou 10 ans, un cahier des charges de maintenance et des assurances plus chères.

Les critères qui définissent un barrage à forte contenance sont le volume du lac, à savoir un lac contenant plus d'un million de m3 d'eau. Et une hauteur de barrage, entre la crête et le pied du barrage en aval, de plus de 2m50.

Même si le lac Beaulne contient seulement 419,000m3 d'eau, la hauteur de son barrage à l'emplacement actuel est de 4m50. Impossible donc d'être classifié faible contenance. C'est pourquoi le projet de barrage au même endroit, présenté par la Municipalité à la population en juin 2020 avec les autorisations du Ministère ne pouvait pas y échapper.

Aujourd'hui, un revirement de cette position est possible grâce à l'oeil perspicace du Ministère (Sécurité des barrages) qui a analysé les nouveaux plans avec un regard neuf. Mais pour en arriver là, il faut souligner le travail acharné de quelques citoyens.ennes autour du lac pour trouver une meilleure alternative, plus écologique et moins chère, au mastodonte en béton proposé par la firme Cima+ en juin 2020 au prix de 780,000$.


Rappelons les faits. Suite à la présentation du projet de barrage combiné au chemin de Cima+, avec un énorme remblai du ruisseau Beaulne et des ponceaux en ciment rectangulaires intransportables, la petite communauté du lac Beaulne (80 riverains environ) s'est organisée. Elle a exigé un référendum pour définitivement enterrer le projet de barrage en béton trop dispendieux avec 88% de participation et 94% de refus du projet. Elle a recruté un ingénieur à la retraite, M. Gervais Pitchen, qui a imaginé des solutions alternatives. Elle a mesuré le fond du lac pour en faire la bathymétrie lors d'un dimanche citoyen festif et ensoleillé. Elle a organisé une collecte de fonds citoyenne pour payer des études de pré-faisabilité à la Coop RAPPEL, spécialisée dans la préservation de la qualité de l'eau des plans d'eau au Québec.


M. Pitchen s'est inspiré du barrage au Lac Croche à Ste. Marguerite du Lac Masson, et en a montré les avantages. J'en ai fait un film d'ailleurs pour pouvoir partager avec tous ce qu'on avait appris de cet exemple de barrage indépendant du chemin. L'astuce pour le Lac Beaulne consistait alors de déplacer l'axe du barrage en amont du chemin. Séparant le chemin du barrage lui-même, le barrage devenait plus simple à construire, puisqu'on pouvait le réaliser avec la technique de l'enrochement. Une technique très commune, facile à réaliser, avec des matériaux inertes, donc plus écologiques pour la faune et la flore du lac et pour la préservation de la qualité de l'eau. Le chemin pourvu d'un seul gros ponceau pouvait aussi être construit facilement et à moindre coût.


L'ingénieur Patrice Leroux de RAPPEL, en dessinant le projet, a rajouté l'idée de la restauration du lien hydraulique entre le lac et son effluent. Suite à une visite in situ et pour donner plus ample espaces à la vie aquatique, il a décidé de déplacer le barrage de huit mètres en amont afin d'avoir une pente plus douce pour la remontée des poissons. En déplaçant l'axe, celui-ci vient s'appuyer des deux côtés sur le roc naturel existant. La hauteur entre crête et pied aval arrive alors sous les 2m50. Le barrage tombe alors sous l'appellation « Faible Contenance. »


En ce moment, nous attendons l'approbation de la Ville pour que l'ingénieur renvoie les plans sous cette nouvelle appellation. Nous espérons que les autorisations ministérielles arriveront dès lors assez rapidement.